L’éthique

La Commission Éthique – Projet Culturel est en pleine réflexion sur le projet culturel autour du bateau 2ème génération, cette section du site internet est amenée à évoluer, nous vous tiendrons informés de l’avancée de nos travaux à travers des billets publiés sur la partie blog de notre site internet mais aussi sur Facebook !

État d’avancement du projet culturel et de son éthique – Synthèse de la commission éthique / projet culturel du 29 novembre 2010

La commission s’est appliquée à poursuivre son travail de définition visant à l’écriture d’une déclaration d’intention et l’élaboration d’un schéma de fonctionnement culturel communautaire.
En préambule, nous pouvons affirmer que le collectif se rassemble autour de divers principes actifs essentiels :

• Exister plutôt que résister : nous existons, nous proposons, nous faisons.

• Entreprendre autrement

• Reprendre du temps au temps

• Les usagers sont les détenteurs et les défenseurs de l’activité du lieu

Ces principes d’action énoncés sous forme de maximes constituent un fonds commun, une base solide vers la première esquisse d’une déclaration d’intention.

Le Bateau est un lieu populaire ; un lieu de culture, un lieu de culture large. L’art en fait partie, mais le Bateau doit être un lieu d’amateurs au sens étymologique, un lieu de gens qui aiment la culture et qui veulent être attentifs à sa diversité. C’est donc un lieu « d’amoureux », d’où l’idée d’inviter chacun à faire sa déclaration de flamme, comme si on invitait la population à déclarer son « attachement » au Bateau.

Il a été convenu que chaque membre du « groupe des 30 », c’est-à-dire les personnes investies en responsabilité sur les 3 collèges constitués, fasse sa déclaration de flamme comme pour donner le « la » et susciter l’envie d’une multitude de déclarations à dire, à lire, à voir, à entendre, à donner comme des traces d’une humanité rassemblée, d’une humanité retrouvée ou à trouver.

Le Bateau est un lieu de pratiques et d’expériences culturelles. C’est un terrain d’expérimentation avec la volonté de rendre disponible le lieu pour la création individuelle et collective. Ce lieu est un lieu de travail, qui invite à la contribution. C’est un lieu qui travaille la matière culturelle dans son ensemble. C’est un espace du « peu et du plein », diront certains, car tous sont convaincus que le chemin emprunté pour mettre en place les différents projets est aussi important que son aboutissement. C’est un lieu où l’on prend des responsabilités car le Bateau est un lieu de rencontres, de relations, un lieu associé à une population et incarné sur un territoire donné. C’est un lieu pour étendre son territoire d’actions à l’espace public en général. Le Bateau garde son quai central de la rue Edouard Vaillant mais il sait naviguer dans des espaces publics en fonction des projets culturels qui s’inventent au fil des croisières programmées.

Le Bateau est un lieu de débats, d’échanges et d’engagements, mais aussi de restitution. Son périmètre d’action est à la mesure de l’engagement des adhérents du projet.

C’est un lieu qui interpelle et qui restitue la parole, qui prend et donne le temps du débat, de la restitution, de la création, de la production, de la projection. C’est une « banque de temps » dont l’un des premiers services est de permettre à n’importe qui de se ressourcer, de se recentrer.

C’est un lieu qui fonctionne au quotidien : tous les jours il accompagne des projets culturels (artistiques, scientifiques, sociologiques, philosophiques, hybrides..) dans leurs étapes de recherche et / ou d’élaboration, dans leurs phases de doutes, de laboratoire.

Il programme et diffuse des spectacles vivants, des performances, des travaux de recherche, des paroles citoyennes, des accents poétiques, des imaginaires. Il anime des espaces de convivialité, de liberté d’expression. Il se soucie de mettre en relation et donc de décloisonner le secteur culturel (cf : principe de dilatation vers des lieux et des espaces publics associés). C’est un lieu de résidence qui permet de prendre le temps de la création, du renoncement et de la réconciliation. C’est un lieu ouvert à 360° sur son territoire et sa population, un outil avec son guide d’utilisation qu’il faudra préciser.
Notre collectif propose un renflouage culturel du Bateau basé sur des recettes propres et un fonctionnement avec des subventions – collectivités locales et territoriales – pour l’utilité publique que le Bateau représente et défend.

Sur le fonctionnement, et bien que ce ne soit pas l’objectif de ce collège de travailler l’élément juridique de notre structure collective, nous évoquons le schéma d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). Ce schéma nous semble adapté quand nous évoquons les premiers éléments d’un fonctionnement administratif :

• Les usagers ont des périmètres variés pour autant qu’ils participent tous à la gestion du lieu avec des « permis de naviguer » différents. (Idée du « permis bateau » édité pour chaque adhérent en fonction de son implication dans le projet global).

• Les actionnaires (ici compris comme ceux qui contribuent à l’achat du bâtiment) s’engagent sur la charte de fonctionnement du lieu : « Sommes-tous dans le même bateau ? »

• Le conseil d’administration se compose de différents collèges : collège des usagers, collège des mécènes, collège des collectivités publiques, collège des bénévoles, collège des salariés ;

• Une personne égal une voix

• Les projets sont choisis et votés au conseil d’administration

Enfin, notre collège éthique / projet culturel soulève quelques questions qu’il faudra traiter lors de la prochaine réunion entre les 3 collèges : la question du salariat comme par exemple les CDD d’usage (comme ceux liés à l’intermittence) et leur compatibilité avec la constitution d’une SCIC ; l’équilibre financier entre les différentes activités, c’est-à-dire le financement d’activités non rentables par d’autres activités rentables. Cette dernière question pose la question de l’organisation d’un lieu qui propose des programmations culturelles et artistiques, des activités de création et un espace de rencontre quotidien ouvert au public, à une autre manière de « consommer » la culture, de s’y projeter, de se l’approprier. Nous nous arrêtons sur ce questionnement et rendez-vous est pris pour une réunion le lundi 6 décembre. Mais d’ici-là, chacun se concentre sur sa déclaration de flamme…